Il règne encore par-ci par-là des doutes sur le nombre de chasseurs ayant participé à la chasse du marquis. Furent-il 200 comme le dit Pourcher ?
Non.
Ils ne furent que douze, mais contrairement à tous leurs prédécesseurs, ils connaissaient le terrain comme leur poche (on suppose que tous ou presque
devaient chasser, voire braconner dans les environs). Voici donc la liste de ces douze chasseurs, menés par le marquis d'Apcher, avec deux réflexions :
- Pierre Roux : Il y a 3 "Roux" mentionnés dans l'affaire de la Bête. Celui-ci, Pierre, dont on ne sait rien d'autre que le nom, et deux autres :
Jean - résidant au Besset - qui s'est chargé du transport de la Bête d'Antoine, et un second non nommé - noté comme habitant également le Besset - qui a fourni
du foin pour les chevaux du Duhamel. Il y a de fortes chances que ces deux dernières personnes soient la même et cela n'a rien de farfelu il me
semble de considérer que ce soit le même homme qui :
- a fourni du foin pour les chevaux du Duhamel
- s'est chargé du transport de la Bête d'Antoine (qui résida au Besset lors de son intervention en Gévaudan)
Pierre Roux est donc à différencier de Jean Roux, du Besset, même s'il y a de fortes chances qu'ils aient été tous deux de la même famille (frères,
cousins ?).
- Jean-Pierre Chassefeyre
- Jean Chastel, "père et fils" : Il s'agit ici d'une "bizarrerie" dans l'utilisation des noms dans l'ancien Gévaudan. En sémantique, l'utilisation de
l'expression "père et fils" après un nom et un prénom signifie que le père et le fils portent les mêmes nom et prénom. Hors, aucun des fils de Jean Chastel ne
s'appelle ainsi. Il ne s'agit pas d'un fils mort-né, d'une erreur de liste, rien de tout cela. Considérons un instant les prénoms des fils de Jean :
- Pierre / né le 8 mars 1739
- Jean-Antoine / né le 20 avril 1745
- Jean-François / né le 25 juin 1749
On sait par contre que Jean-Antoine était couramment appelé Antoine, faisant ainsi disparaître le "Jean". Pourquoi ne pas envisager la même chose pour
Jean-François, qui se serait fait appeler Jean, comme son père ? Comme on ne sait rien de la famille Chastel, on peut vite extrapoler et, tout en restant
cohérent, penser que ce fils, le dernier enfant de la famille, était la fierté de son père et sa manière de lui rendre la pareille fut de se faire appeler
comme lui...
Ou pas !
Qu'importe la raison, l'important c'est que le plus plausible est quand même que ce second "Jean Chastel" fut effectivement en réalité Jean-François, le
dernier fils. Enfin, c'est ce que j'en dis, après...
- Pierre Chastel : Résidant à la Besseyre-Saint-Mary
- Antoine Chastel : Résidant à la Besseyre-Saint-Mary
Le marquis passe par La besseyre-Saint-Mary, Le Besset et Nozeyrolles pour aller à son bois.
Les douze chasseurs devaient donc essentiellement, voire exclusivement venir d'un de ces trois villages, mais cela reste à confirmer.
Pour finir cette page, somme toute anecdotique, il faut savoir que cette petite troupe reçut de la part du diocèse de Mende, par ordre du
3 mai 1768, la somme de 312 livres, soit 26 livres par chasseur. On est bien loin des 9000 et quelques livres touchées par Antoine (qui aurait tout
partagé entre les gardes-chasses qui l'avaient accompagné).
Mais ce n'est que mon avis personnel propre à moi-même.
- liste des chasseurs extraite de "La Bête du Gévaudan" de François Fabre, complétée par Jean Richard
- Réflexions de moi